mars 31, 2021

Voyager avec un chien

Par Dany Coulombe

Une récente étude, commandée par l’Association des médecins vétérinaires du Québec en pratique des petits animaux, révèle que le nombre de chiens vivant dans un foyer familial au Québec vient de passer le cap du million. Autrement dit, on trouve le meilleur ami de l’homme dans environ 24 % des foyers québécois. Il y a donc de fortes chances pour que bien des propriétaires canins soient aussi des caravaniers. Mais partir en voyage avec son poilu de compagnon est-il une bonne idée ? Comment s’y préparer et comment adapter sa sortie en conséquence ?

Si notre compagnon à quatre pattes partage notre vie de tous les jours, il est tout à fait normal d’être tenté de l’inclure dans nos sorties de camping. Il faut alors bien peser le pour et le contre. Primo, laisser Fido derrière implique des frais importants en gardiennage s’il faut lui trouver une pension (environ 20-25 $/jour, au minimum) à moins que des amis ou des parents acceptent volontiers la tâche. Secundo, il faut penser au stress occasionné par le changement de milieu de vie si l’animal n’est pas habitué à se faire garder. Il est donc impératif de faire des tests de courte durée avant le départ et il arrive que le service offert ne soit finalement pas à la hauteur de nos attentes… Tertio, ce ne sont pas tous les voyages ni les modes de transport qui sont adaptés à la gent canine. Par exemple, un voyage à l’étranger (Asie, Afrique…) amène son lot de tracasseries administratives alors que certaines activités (comme la visite des musées) sont tout à fait inappropriées. Enfin, le voyage par avion, train ou bus peut être dispendieux, trop stressant (pour tout le monde) ou carrément interdit. Dans le cadre de cet article, concentrons-nous donc sur les voyages en véhicules récréatifs au Canada ou aux États-Unis.

Un processus de longue haleine

Ça y est. On a pris la décision de partir tous ensemble. Comment s’y préparer, dans ce cas ? Dans les faits, la préparation doit commencer très longtemps d’avance, car l’un des points les plus importants reste l’éducation du chien (et du maître). Un cours d’obéissance de base et une pratique quotidienne des habitudes de vie assurent non seulement des moments de qualité au maître, mais aussi au chien. Le maître doit donc avoir un contrôle minimal sur son animal. Il faut aussi tenir compte des dispositions de l’animal pour la socialisation. Un chien qui tolère bien les autres animaux est plus apte à voyager sans problème. 

Dans la même veine, il faut s’assurer que l’animal supporte bien de voyager dans le véhicule. Notez qu’il faut aussi prévoir un moyen de le restreindre afin qu’il ne devienne pas un projectile en cas d’accident (dangereux pour lui et pour vous). Un harnais, une cage (pour les très petits chiens) ou une grille séparant l’arrière de la voiture à hayon sont tous indiqués. Il faut aussi prévoir un bon coussin (pas un neuf, plutôt celui qui est déjà imprégné de son odeur), de l’eau, un jouet ou un os, un collier et une laisse (pour l’embarquement et le débarquement) et enfin des sacs de plastique pour ramasser les excréments. De courtes sorties avec une fin agréable (une marche, un jeu en plein air…) donneront envie à Poilu de sauter dans le véhicule chaque fois. 

Il est à noter que certains animaux souffrent du mal des transports, ce qui peut être embêtant, mais plusieurs n’éprouvent que de l’anxiété face à l’inconnu. Ma chienne Kali haletait, bavait et régurgitait à chaque sortie jusqu’à ce qu’elle associe les sorties en auto à une partie de plaisir. Maintenant, elle voyage comme une championne !  

Pour répondre aux exigences outre-frontière

Une visite chez le vétérinaire s’impose au moins un mois avant le départ (pour laisser le temps à certains vaccins de faire effet). Le carnet de santé et les vaccins seront mis à jour et l’état de santé confirmé. Le vaccin de la rage est obligatoire pour traverser la frontière canado-américaine, mais d’autres comme ceux pour les vers du cœur, la leptospirose ou la maladie de Lyme (les tiques sont de plus en plus nombreuses…) sont recommandés. Finalement, seuls les chiens de plus de quatre mois et semblant en bonne santé pourront vous accompagner. Pour des voyages dans d’autres pays, un certificat sanitaire canadien international est exigé. 

Il faut aussi prévoir un moyen d’identification que le chien portera en tout temps. Si la traditionnelle médaille a encore la cote, la micropuce implantée dans le derme (c’est sans douleur, semble-t-il) gagne en popularité et prévient la perte de l’information. Il serait bon de prévoir une assurance en cas de pépins, car les frais vétérinaires peuvent être dispendieux. Il faudra vérifier auprès de son assureur et ajouter une couverture adéquate, le cas échéant. 

Penser aux besoins du corps

Il faut aussi apporter les accessoires de toilettage et de premiers soins essentiels. Pas seulement pour que Pitou soit propre et ait l’air sympathique face aux nouveaux amis, mais surtout pour défaire les boules de poil (qui peuvent devenir douloureuses et contenir des débris ou des chardons), nettoyer les oreilles (surtout si elles sont pendantes), soigner les coupures aux coussinets ou, en cas de mauvaise rencontre, retirer les piquants d’un porc-épic ! Toutou aura aussi besoin d’un shampoing occasionnel. Faut-il le préciser ? À vivre à plusieurs dans un espace restreint, l’odeur de tout un chacun est plus « présente » et qui dit chien mouillé dit… odeur de chien mouillé ! Il faudra donc penser à l’étape du séchage. Il est bon dans ce cas de prévoir des serviettes ou un séchoir électrique. Enfin, il faudra le matériel nécessaire à la coupe des griffes si le voyage porte sur plusieurs semaines. 

Pour ce qui est de la bouffe, outre les bols (un pour l’eau et l’autre pour la nourriture), il faudra prévoir suffisamment de nourriture pour ne pas avoir à changer brutalement de marque. Il est quelquefois difficile de trouver exactement la même marque de nourriture à destination. Au mieux, le chien boudera ses croquettes, mais au pire, il pourrait éprouver des troubles digestifs l’amenant à régurgiter le tout. Enfin, si l’on doit passer à la douane américaine, le sac de nourriture (ou la conserve) devra vraisemblablement n’avoir jamais été ouvert. 

En terminant, comme dans toute préparation de voyage, il va sans dire qu’il faut vérifier la réglementation aux endroits visités. Plusieurs campings acceptent les chiens (en laisse) et bien des parcs canadiens ou régionaux en font autant. Même le réseau des parcs de la Sépaq s’y est mis, à quelques exceptions près ! Au fil de nos pérégrinations, nous avons remarqué que les Maritimes, l’Ontario et la plupart des États américains étaient plus ouverts à accueillir les chiens. On y trouve non seulement une réglementation plus flexible, mais aussi des aménagements appropriés (distributrice de sacs à crottes, bols à eau, parc canin…).

C’est un départ !

Bien préparé, Pitou saute allègrement dans le véhicule et tout le monde est heureux d’avaler les kilomètres. Si la préparation a réglé la plupart des soucis, il reste encore quelques petits points à surveiller. Par exemple, même si Fido est attaché ou restreint dans le véhicule, il ne devrait jamais pouvoir sortir la tête par la fenêtre, au risque de se blesser ou de développer des problèmes de santé. 

Même si la plupart des chiens se contentent (la plupart du temps) de dormir lorsque le véhicule roule, il faudra, comme avec des enfants, prévoir des pauses pipi (toujours en laisse) et des moments pour se dégourdir les pattes. À vous de juger de la fréquence et la durée des pauses en fonction de l’âge, de la taille et de la race de votre compagnon. Il va sans dire qu’un Yorkshire de 10 ans n’a pas les mêmes besoins qu’un Border Collie de 4 ans. Même si l’on a prévu des destinations et des activités appropriées pour son chien, il arrive que des sorties doivent se faire sans lui. On peut penser aux courses à l’épicerie, par exemple. Dans ce cas, il faudra garer le véhicule à l’ombre, avec les vitres entrouvertes, et lui laisser un bol d’eau.

Encore mieux, si l’on voyage à deux (ou plus), l’un demeurera avec Fido pour le faire sortir…

Somme toute, même si voyager avec son chien implique une préparation particulière et impose d’adapter le voyage en conséquence, cela représente pour tous les membres de la famille élargie une expérience enrichissante. C’est la continuité toute naturelle du mode de vie que les maîtres ont adopté au moment où ils ont choisi de partager leur vie avec un animal de compagnie. Parlez-en à Mme Doolittle (ma douce moitié) !

Pour info

dogtrotter.tv : un site qui se veut être la référence sur quoi faire et où aller avec son chien, au Québec et partout dans le monde

 

partoutavecmonchien.com : site de référence pour trouver des campings, pensions ou hôtels acceptant les chiens et autres services

 

pettravel.com/blog : une source importante d’information pour voyager avec son compagnon poilu (en anglais)

 

petfriendlytravel.com : répertoire de lieux d’hébergement, incluant les campings, qui acceptent les animaux de compagnie au Canada, aux États-Unis et au Mexique (en anglais)

 

voyage.gc.ca/voyager/documents/documents-de-voyage-pour-vos-animaux-de-compagnie : page du site du gouvernement du Canada qui explique tout ce qu’il faut savoir au sujet du certificat sanitaire canadien international

 

sepaq.com/animaux : page du site de la Sépaq donnant tous les détails sur les lieux où sont acceptés les chiens dans les parcs du réseau québécois ainsi que les consignes à suivre.

Par Dany Coulombe