avril 23, 2021

Matériel de camping : Pour qu’il fonctionne bien… et longtemps !

Par Dany Coulombe

Vous appréciez le bon et le beau matériel qui fonctionne bien, et ce, longtemps. Afin de satisfaire vos exigences d’esthétisme et de performance, vous portez un soin particulier à l’achat d’équipement de qualité et, bien entendu, vous l’utilisez adéquatement. Toutefois, par manque de temps ou de connaissance, son entretien laisse parfois à désirer. Pourtant, il s’agit d’un élément essentiel dans l’équation performance/esthétisme/durabilité.

Un bon entretien bien fait et à une fréquence suffisante permet de diminuer les impacts négatifs que peuvent avoir certains facteurs extérieurs. Voici une courte liste des plus communs, de leurs conséquences, ainsi que des suggestions pour les contrer. 

Les ennemis : le sable, l’eau et le soleil

En premier, le sable. Qu’il se présente en grains grossiers ou en fine poudre de silice, le sable est un abrasif très efficace qui a la mauvaise habitude de s’infiltrer partout. Cela n’est évidemment pas sans conséquence. On parle ici d’usure prématurée des pièces en mouvements ou même de grippage (les pièces devant bouger se coincent et ne bougent plus). Si retirer l’excédent de sable avec un bon secouage ou même une brosse est essentiel, la protection est encore plus efficace. Comme le vent transporte aisément les fins grains de sable, recouvrir les équipements d’une enveloppe protectrice est la première étape à respecter. 

L’eau (liquide ou sous forme gazeuse, l’humidité) peut quant à elle entraîner un gonflement de certains matériaux (comme le bois ou certains plastiques), provoquer la formation de moisissures ou accélérer la corrosion de certains métaux. Un morceau de bois déformé par l’eau n’est pas seulement inesthétique, il peut être carrément non fonctionnel. Il faut donc protéger, quand faire se peut, mais surtout faire sécher complètement, rapidement et souvent les pièces sujettes à être mouillées. Les moisissures, dont la présence est facilitée par un excédent d’humidité prolongé, peuvent dégrader la matière au point de lui faire perdre ses propriétés mécaniques et même, en grande quantité, affecter la qualité de l’air. Faire sécher, en guise de prévention, est un bon début mais il faut parfois appliquer des antifongiques, comme des savons, une fois qu’on note le début d’une infestation. Quant à la corrosion, elle guette particulièrement les pièces métalliques. Même si le fer (pur 

mais aussi l’acier et  la fonte), c’est bien connu, rouille, il ne faut pas oublier que d’autres éléments ou alliages métalliques y sont aussi sensibles. On peut penser au cuivre (dont l’oxyde est bleu/vert), à l’aluminium et même au fameux acier inoxydable (dont il existe plusieurs grades, selon ses qualités). L’oxydation est une réaction chimique impliquant l’oxygène. Présent dans l’air, évidemment… Il ne faut pas oublier qu’il est aussi présent dans l’eau et que des facteurs comme une température élevée ou la présence de sels peuvent accélérer le processus de 

dégradation. Encore ici, la prévention est cruciale et une protection faisant une barrière entre le métal et l’oxygène, essentielle. Pensez une peinture, de l’huile ou à d’autres traitements, mais dans tous les cas, il faut s’assurer de l’intégrité de cette couche protectrice. Garder l’équipement au sec ou le faire sécher régulièrement est la clef. Si l’équipement a été en contact avec de l’eau salée (immergé dans l’eau de mer ou seulement exposé aux embruns), un rinçage à l’eau douce sera nécessaire. 

La dégradation par les rayons ultraviolets du soleil affecte surtout les matériaux synthétiques, comme les plastiques ou certains matériaux composites. La décoloration est un des premiers signes du problème mais il s’ensuit généralement une détérioration des propriétés physiques comme la flexibilité, la résilience et même la résistance mécanique.  Si les fabricants ajoutent régulièrement maintenant des inhibiteurs UV à la matrice, il est d’un bon usage que de protéger du soleil les pièces susceptibles en les entreposant à l’ombre et même en les traitant avec un produit qui ajoute une couche de protection supplémentaire. Pensez à un écran solaire pour votre équipement ! Enfin, les problèmes de dilatation thermique peuvent entraîner l’éclatement d’équipement gonflable, son mauvais fonctionnement ou même son bris par choc thermique si le cycle dilatation/contraction est trop important et rapide. Les équipements fabriqués de matériaux différents (ayant donc des coefficients de dilatation différents) sont particulièrement à surveiller. Ici, pas de surprise, il faut privilégier un usage dans un environnement où les écarts de température sont faibles et vérifier la pression (en faisant les ajustements au besoin) des équipements gonflés, comme les matelas de sol.

Des solutions d’entretien

En terminant, on pourrait regarder de plus près le cas des équipements de camping les plus communs. Les tentes sont exposées à plusieurs agresseurs. Le double-toit, fait de nylon ou polyester (parfois les deux), est soumis aux rayons UV. Quand faire se peut, on évite alors de laisser la tente trop longtemps montée au soleil ou on la recouvre temporairement d’une vieille toile. Les moisissures pourront attaquer l’enduit de polyuréthane d’une toile rangée alors qu’elle est encore humide. Un séchage complet est donc de rigueur. 

Enfin, le sable peut endommager le fond de la tente en accélérant son usure et même en dégradant son enduit imperméabilisant. En guise de protection, il est toujours conseillé d’utiliser une toile de fond, que ce soit celle du fabricant ou un simple morceau de polyéthylène. Le sable peut aussi coincer et user prématurément les fermetures éclair. Faire glisser le curseur lentement et non pas à la vitesse grand V, brosser à l’occasion le tout avec une brosse à dents et même appliquer à l’occasion un lubrifiant au silicone, sont toutes des choses à considérer. 

Les sacs de couchage ont le même problème d’humidité excessive, de moisissures, ainsi que d’usure de la fermeture éclair. Mais en plus, un entreposage qui comprime trop le sac, peut, à long terme, empêcher la bourre synthétique et même le duvet de reprendre son gonflant.  Un lavage inadéquat peut aussi laisser des résidus de savons ou même briser les cloisons empêchant la migration de l’isolant. Il existe des savons spécifiquement conçus pour le matériel de plein air et un lavage à la main (en faisant attention de ne pas déchirer les coutures du sac alourdi par l’eau) ou dans une laveuse à chargement frontal est primordial. 

Le cas des matelas de sol gonflable ajoute le problème des moisissures dans l’enveloppe si on souffle trop et trop souvent le matelas à la bouche. Des poches de gonflage ou même des pompes électriques ou mécaniques existent pour ce faire. Les matelas gonflables sont aussi soumis au bris de leurs « coutures » ou de leurs valves dans le cas d’une pression excessive créée par une augmentation importante de la température. On peut penser à un matelas laissé au soleil ou même à l’intérieur d’une tente. Enlever un peu d’air est donc une étape préventive à faire quand on n’utilise pas le matelas. 

Enfin, les réchauds et les gamelles, avec leurs pièces de métal, sont soumis à la corrosion. Bien sécher le tout avant l’entreposage et en limiter l’usage avec ou près de l’eau salée sont donc de bonnes idées. Dans le cas des réchauds brûlant du naphte ou du kérosène, on doit, en plus, nettoyer régulièrement les brûleurs afin d’éviter qu’ils ne se bouchent en raison de l’accumulation de sous-produits de combustion.

Il est indéniable que d’acheter du bon matériel est agréable. L’utiliser l’est encore plus ! Un entretien bien fait assurera plaisir d’utilisation et longévité à tout cet équipement, qui, faut-il l’avouer, nous coûte parfois la peau des fesses !

Source : Camper au Québec 2020